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Négociations AGIRC-ARRCO - Attention danger

Publié le lundi 9 mars 2009

Les négociations AGIRC-ARRCO interviennent dans un climat économique et social pour le moins préoccupant. C’est l’occasion idéale pour le MEDEF de tenter de remettre en cause plusieurs acquis sociaux : prolonger la retraite au-delà de 60 ans pour obtenir un taux plein,(rajout d’un trimestre par an à partir de 2010), diminuer le coût des avantages familiaux, dévaluer les pensions de reversion, minorer la garantie minimale de points, baisser progressivement le nombre de points à salaire constant (le salaire de référence ARRCO et AGIRC, augmente plus que les salaires même assortis d’une augmentation à hauteur de l’inflation).

L’enjeu des discussions est vital pour de nombreux salariés du privé et les retraités. En effet, la retraite complémentaire concerne 18 millions de salariés et 11,4 millions de retraités. L’AGIRC et l’ARRCO fonctionnent sur le principe de la répartition et de la solidarité entre générations. Les cotisants acquièrent des droits à la retraite et financent directement les pensions actuelles. Aujourd’hui, ce système contributif est menacé à moyen terme à cause de l’augmentation du nombre de retraités, de la diminution des cotisations versées et de la hausse du chômage. C’est pourquoi il est impératif de repenser nos besoins de financement dans le domaine de la protection sociale.

La CGT a toujours placé au cœur de ses préoccupations le financement du régime de base, ainsi que celui des régimes complémentaires. Dès la loi Fillon, notre syndicat a mis l’accent sur la nécessité de trouver d’autres pistes de financement afin de garantir la pérennité du régime de base et des différents régimes de retraite par répartition.

Dans le cadre de cette négociation, le MEDEF ressort une nouvelle fois son sempiternel couplet : il faut privilégier l’investissement (au détriment du pouvoir d’achat, bien sûr) et ne pas augmenter les charges sociales des entreprises. Force est de constater depuis de nombreuses années qu’une telle attitude conduit inéluctablement à un démembrement progressif de notre protection sociale. Ce positionnement vise à rentabiliser le capital au détriment de la valeur travail et provoque une baisse globale de la rémunération salariale et une augmentation du chômage. De fait, cette situation se traduit par moins de cotisations et des régimes fragilisés, d’autant plus que de nombreuses exonérations sont accordées aux entreprises par la puissance publique sous prétexte du maintien de l’emploi.

L’objectif inavoué du MEDEF est d’introduire progressivement un système par capitalisation, avec une offre de produits « retraite supplémentaire » où chacun cotise pour soi, les tristement célèbres fonds de pension. De nombreux économistes libéraux, qui en faisaient il y a peu encore la panacée universelle au problème du vieillissement, sont désormais dubitatifs et soulignent le caractère aléatoire et les limites d’un tel système. En ces temps difficiles, le modèle français de protection sociale joue plus que jamais un rôle d’amortisseur aux conséquences de la crise financière et économique. Par conséquent, il est de notre devoir de défendre et de consolider notre système par répartition.

Lors des négociations, la CGT a préconisé une utilisation exceptionnelle des réserves de l’AGIRC et de l’ARRCO pour amortir les conséquences de la crise conjoncturelle. Notre syndicat a également formulé les propositions de ressources supplémentaires suivantes.

Pour assurer l’équilibre des régimes AGIRC-ARRCO :

étendre l’assiette de cotisations à l’intéressement et à la participation (mesure préconisée par la cour des comptes).

moduler les cotisations patronales en fonction de la part des salaires dans la valeur ajoutée et de la politique d’emploi de l’entreprise.

prélever 60 milliards de réserve afin de faire face aux effets du papy boom.

Pour garantir un bon taux de remplacement :

augmenter progressivement les taux contractuels AGIRC et ARRCO.

revaloriser les pensions et les paramètres des régimes (valeurs du point et salaire de référence) en fonction de l’évolution des salaires.

Pour améliorer les droits familiaux et conjugaux :

aligner les majorations familiales AGIRC et ARRCO sur celles du régime de la sécurité sociale (10% pour trois enfants et plus).

abaisser de 60 à 55 ans l’âge ouvrant droit à une pension de reversion pour les veufs.

Pour garantir définitivement le droit à la retraite à 60 ans :

intégrer l’AGFF (Association pour la Gestion du Fond de Financement) directement dans les régimes AGIRC et ARRCO.

En conclusion, il reste encore deux réunions (12 et 23 mars) avant le terme de ces négociations primordiales pour l’avenir de millions de salariés et de retraités. Vu l’enjeu, le silence des médias est assourdissant. Pour défendre nos acquis sociaux, il est pourtant urgent de se mobiliser, alors n’hésitez pas à imprimer et signer la pétition de la CGT (et à nous la remettre ensuite) et surtout venez manifester massivement le 19 mars prochain.

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Case 536
263 rue de Paris
93515 Montreuil Cedex
tél : 01 55 82 87 01 / fax : 01 48 59 24 75


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